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Bilan azoté au sein d’une prairie permanente pâturée par des jeunes bovins de type viande : synthèse de 6 années de suivi.

D. STILMANT, V. DECRUYENAERE, C. BELGE, C. CLEMENT, P. LIMBOURG

Section Systèmes agricoles, CRA-W, 100 rue du Serpont, B-6800 Libramont, stilmant@cra.wallonie.be

RESUME

Bien que le maintien des couverts prairiaux soit reconnu pour ses effets positifs sur l’environnement, certaines questions demeurent quant à l’optimisation de la gestion de l’azote (N) dans les prairies permanentes pâturées. Dans ce cadre, le recyclage des engrais de ferme semble être une voie intéressante. Afin de le tester, un bilan azoté a été réalisé, durant 6 années (1995-2000), dans 2 systèmes pâturés par des jeunes bovins sous un chargement de 1506 kg de poids vif / ha. Le pâturage était de type tournant simplifié sur 3 parcelles, une parcelle étant débrayée pour la fauche au printemps. Un de ces systèmes n’a reçu que du compost pour couvrir l’ensemble de ses besoins ; à raison de 16,7 T / ha sur les parcelles pâturées et de 35,5 T / ha pour les parcelles fauchées et pâturées ; alors que le 2ème ne recevait que des engrais minéraux de manière à assurer des disponibilités et qualités d’herbe équivalentes. Les apports en N ont été de 0 ; 13,5 ; 27 ; 33 ; 47 et 75 kg de N / ha respectivement de 1995 à 2000 alors que les doses de P et de K étaient respectivement, de 50 et 60 unités sur les parcelles exclusivement pâturées contre 100 et 120 unités sur les parcelles fauchées et pâturées. L’ensemble du dispositif a été dupliqué. Afin de réaliser le bilan de l’azote à l’échelle de chacune des parcelles nous avons pris en compte le N utile (Nu) apporté par le compost : effets directs de 15 et 25 % respectivement pour un compost mature et jeune, arrières effets de respectivement 10 et 8,6 % durant les 7 années ultérieures. Les autres entrées sont la fixation de N par le trèfle blanc et les apports par les compléments. Pour ce qui est des sorties nous avons quantifié les exportations par les animaux et la fauche. Une compartimentation du solde en pertes vers l’air et l’eau a alors été réalisée. Suite au 6 années d’essais, la fertilisation organique (62,4 kg / ha) a apporté, l’un dans l’autre, 2 fois plus d’Nu que la fertilisation minérale (31,8 kg / ha). Le 2ème grand pool, qui représentait 41 % du Nu, était constitué par la fixation symbiotique. Globalement les intrants ont été de 135 et 98 kg du Nu / ha / an respectivement dans les schémas ‘tout organique’ et ‘tout minéral’. Pour ce qui est des exportations, elles sont, suite à la fauche, dépendantes du mode d’exploitation. Sur cette base, les soldes de Nu, significativement influencés par le mode de fertilisation et d’exploitation, sont de 69 et 90 kg / ha au sein des parcelles exclusivement pâturées et de -1 et 50 kg / ha suite à une exploitation mixte lors, respectivement, d’une fertilisation ‘tout minéral’ ou ‘tout organique’. In fine l’efficience d’utilisation du Nu est moindre dans le système ‘tout organique’ : 40 % vs 54 %. Cette moins bonne efficience doit cependant être relativisée car lors de la réalisation d’un bilan à l’échelle de l’exploitation la valorisation des effluents limite l’importation de N ! Mais pour y parvenir, tout en améliorant les performances environnementales des prairies ne recevant que du compost, il faut veiller à limiter les apports à 10 T / ha, ce qui représente la disponibilité offerte par un chargement de 1,8 UGB / ha et correspond, à l’équilibre, à la libération de ± 55 kg de N / ha.

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