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Efficience et Résilience alimentaires

Bovins à viande | Efficience alimentaire

Précocité et efficience alimentaire des génisses de renouvellement en races à viande

RENAND G. (1), VINET A. (1), LABBOUZ Y. (1), MAUPETIT D. (2), DOZIAS D. (3)

(1) UMR1313 GABI, Université Paris-Saclay-INRAE-AgroParisTech, 78350, Jouy-en-Josas, France

(2) UE 0332 Domaine Expérimental Bourges-La Sapinière, INRAE, 18390 Osmoy, France

(3) UE 0326 Domaine Expérimental du Pin, INRAE, 61310 Gouffern-en-Auge, France

RESUME
Les éleveurs de vaches à viande sont confrontés à de sérieux défis pour assurer une production de viande durable. Le troupeau allaitant doit tout à la fois maximiser l’utilisation de l’herbe et des fourrages grossiers et réduire son empreinte carbone pour assurer sa pérennité économique et consolider son acceptation sociale. L’amélioration génétique de la précocité pour réduire les périodes improductives et celle de la transformation de fourrages grossiers font partie des leviers pour assurer cette durabilité. L’objectif de ce travail fut d’estimer les paramètres génétiques (coefficients d’héritabilité et corrélations génétiques) de ces deux aptitudes à partir des performances de génisses Charolaise contrôlées dans deux UE de l’INRAE à Bourges et au Pin-au-Haras.
La précocité de 644 génisses fut étudiée à partir des phénotypes suivants : pesées, mensurations et échographies de gras sous-cutané à 14, 18 et 22 mois et âge à la puberté déterminé grâce à des dosages décadaires de progestérone plasmatique de 8 à 24 mois d’âge. Le poids à la naissance était également systématiquement enregistré. Avec des héritabilités entre 0,3 et 0,5 pour le développement corporel et de 0,2 pour le développement sexuel, la précocité peut être améliorée par sélection génétique. Des corrélations génétiques estimées, il ressort que le poids à la naissance joue un rôle central dans les différences de précocité : les poids élevés à la naissance sont associés à une moindre précocité.
A l’âge de 22 mois, l’ingestion de 569 de ces génisses a été contrôlée pendant 12 semaines avec des fourrages distribués à volonté. A partir de la matière sèche ingérée (MSI), du gain de poids quotidien (GMQ) et du poids moyen (PM), la consommation moyenne journalière résiduelle (CMJR) a été calculée comme la résiduelle de la régression multiple de MSI sur PM0,75 et GMQ : MSI =  PM0,75 +  GMQ + CMJR. Ce phénotype, CMJR, reflète l’efficience alimentaire avec des valeurs négatives pour les génisses efficaces et des valeurs positives pour les « gaspilleuses ». L’ingestion et la consommation résiduelle ont des coefficients d’héritabilité plus faibles (0,1) et sont génétiquement très corrélées (+0,62). La précision des estimations des corrélations génétiques avec les critères de précocité est trop faible pour conclure même si elles apparaissent plutôt favorables. Comme il parait difficile de mettre en place des programmes de sélection sur l’efficience ou la précocité des génisses faute de disposer de phénotypes facilement mesurables, il est possible d’intégrer le poids à la naissance dans les critères de sélection actuels. En sélectionnant les génisses à bon développement tout en appliquant une contrainte sur le poids à la naissance il est possible de progresser sur ces deux caractères en éliminant ainsi les femelles trop tardives et peu efficaces.

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