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Concilier environnement et production

Environnement | Ruminants (général)

Un pâturage tournant alternatif conciliant performances animales et préservation des insectes prairiaux

SCOHIER A. (1), FARRUGGIA A. (1), LANORE L. (1), DUMONT B. (1)
(1) INRA, Unité Mixte de Recherches sur les Herbivores, Theix, 63122 Saint-Genès-Champanelle

RESUME- Les prairies permanentes pâturées offrent des habitats favorables aux insectes, tels les bourdons et les papillons, en net déclin dans toute l’Europe. Dans l’objectif de préserver les insectes prairiaux tout en maintenant la charge animale, et donc le niveau de production à l’hectare, un pâturage tournant alternatif a été testé. Il consiste à exclure temporairement une des sous-parcelles de la rotation au pic de floraison pour offrir aux insectes des ressources abondantes et une structure du couvert favorable. Ce mode de pâturage tournant a été comparé à un pâturage continu au même chargement : i) en pâturage bovin à un chargement fort (1,2 UGB ha-1) en 2005-6 et à un chargement modéré (0,85 UGB ha-1) en 2007-8 ; ii) en pâturage ovin à un chargement instantané fort (1,4 et 1,9 UGB ha-1) dans deux types de prairies, une estive et une prairie plus fertile en 2009-10. En pâturage bovin, le pâturage tournant alternatif conduit au fort chargement a permis d’augmenter l’intensité de floraison des parcelles (p < 0,01) et de doubler la richesse spécifique (p < 0,001) et l’abondance des papillons (p < 0,01). Elle s’est également traduite par une réduction de 19% du nombre de journées de pâturage lors d’une année où la pousse d’herbe était limitante au printemps. Le bénéfice pour les papillons a été moindre au chargement modéré (abondance accrue de 35% ; p < 0,10), mais ce chargement a toujours permis une bonne croissance des génisses. En pâturage ovin, ce mode de rotation a favorisé la richesse spécifique (p < 0,05) et l’abondance des bourdons (p < 0,05 en année 1 ; année x traitement : p < 0,10), mais il a été sans effet sur les carabes. Dans les deux prairies, son bénéfice pour les papillons a été de faible amplitude et limité aux sous-parcelles exclues du pâturage (p < 0,10). La croissance des brebis n’a jamais été affectée. L’exclusion temporaire d’une partie des parcelles d’une rotation au moment du pic de floraison apparaît ainsi comme une conduite pouvant favoriser les insectes prairiaux. La mise en place d’une telle conduite devra être ajustée lorsque la pousse de l’herbe devient limitante. Ses bénéfices pourraient être moindres en pâturage ovin qu’en pâturage bovin.

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