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Les facteurs nutritionnels antepartum sont associés à l’infertilité / infécondité dans les élevages bovins laitiers : exemple de l’île de la Réunion

TILLARD E. (1), HUMBLOT P. (2), LECOMTE P. (3), BOCQUIER F. (1)

(1) CIRAD, UMR élevage des ruminants en régions chaudes, ligne Paradis, 97410 St Pierre, La Réunion

(2) UNCEIA, 13 rue Jouet, BP65, 94703, Maisons Alfort

(3) CIRAD, UR systèmes d’élevage et produits animaux, 97410 St Pierre, La Réunion

RESUME

Un suivi individuel a été mené sur deux années dans vingt et un élevages laitiers de l’île de la Réunion afin d’identifier les facteurs nutritionnels et sanitaires associés à l’infertilité / infécondité. Nous traitons ici de l’influence des facteurs mesurés avant vêlage. Pour évaluer le statut nutritionnel individuel antepartum, l’état corporel et les concentrations sanguines des principaux paramètres biochimiques sanguins des métabolismes énergétique, azoté, hépatique et minéral (glucose, insuline, cholestérol, AGNE, β-hydroxybutyrate, urée, albumine, GLDH, GGT, calcium, phosphore et magnésium) ont été mesurés pour chaque femelle multipare de race Holstein durant le mois suivant le tarissement. Une glycémie basse avant vêlage (inférieure à 3,6 mmoles / l) est associée à une diminution de la réussite de l’I1 chez les vaches hautes productrices (production lors de la lactation antérieure supérieure à 8000 kg / 305 jours). Elle est également associée à une insulinémie et une cholestérolémie basses (p < 0,05) qui semblent indiquer un état de déficit énergétique antepartum. Une diminution de la disponibilité de certains nutriments énergétiques comme le glucose ou de l’insulinémie en fin de gestation et en tout début de lactation pourrait être directement impliquée dans la baisse de fertilité observée. De même, une urémie faible (< 4,5 mmoles / l) avant vêlage est associée à un allongement de l’intervalle vêlage - insémination première. Cette valeur est révélatrice d’un déficit azoté alimentaire, en relation avec la consommation de certaines graminées fourragères tropicales (canne fourragère - Pennisetum purpureum ou de canne à sucre - Saccharum officinarum). Inversement, l’augmentation conjointe des concentrations antepartum d’urée et du βOH est associée à une réduction de la fertilité. Cette association, non liée à un quelconque déficit énergétique, est probablement la conséquence de l’ingestion d’une quantité élevée d’azote non protéique (ammoniac) ou de dérivés aminés (produits terminaux du catabolisme azoté) suite à la consommation d’ensilage d’herbe altéré par des fermentations clostridiennes importantes. Cette étude montre que, pendant la période tarissement - vêlage, certaines pratiques alimentaires peuvent, par elles-mêmes, affecter la reproduction ultérieure des vaches.

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